France Plumfoot

Marseille en décembre : la vie en rose

Pendant quelques années, la compétition de Marseille nous a permis de profiter de la douceur du mois d’octobre dans la cité phocéenne. 

Cette saison, l’étape provençale du circuit national se tenait plus tard, au mois de décembre. Qu’à cela ne tienne : la météo très clémente nous obligea à des installations précaires à base de matelas pour limiter les problèmes de lumières sur les terrains, et nous permit de profiter des attraits de la ville en dehors du terrain. 

Samedi 6 octobre, le double : Deûle et Lys qui tourne bien

Lors de cette journée, 14 équipes se présentaient au lycée Simone Veil de Saint Mitre pour disputer la deuxième étape du circuit national de double. 

Parmi les compétiteurs, la délégation la plus importante était celle de Paris avec 9 représentants. Suivaient les locaux de l’étape (6 Marseillais), 4 Lillois et 4 Putéoliens, 3 Ponts-de-Céais et 1 Montreuillois, sans oublier la présence d’un ancien Nantais désormais installé dans le Sud. 

On n’ira pas jusqu’à saluer cet effort, mais notons qu’on a eu l’honneur d’avoir le plus grand contingent de participants Marseillais à une compétition depuis un certain nombre d’années !

Phase de poules : 

Dans la poule A, les regards étaient tournés vers le grand retour de Yanis à la compétition. La paire formée avec la meilleure joueuse française Huong n’avait pas le statut de tête de série et faisait donc figure d’épouvantail du chapeau 3.  

Même pas peur pour les Lillois Alessandro et Maxence, qui s’imposèrent 21-12, 21-19 presque sans trembler. Ils prirent la tête de la poule en expédiant leurs matchs restants comme des promenades de santé. 

Yanis et Huong se qualifièrent tout de même pour les quarts en disposant de Dany et Phuong Anh, après une fin de match serrée : 21-8, 21-19. Handicapés par des problèmes de chaussures, puisque Dany avait oublié ses palmes et donc chaussé une paire de remplacement bien trop grande, les Parisiens durent se contenter du tableau de reclassement. 

Les Marseillaises Lalie et Ingrid fermaient la marche. Ne vous y trompez pas, il ne s’agissait pas d’une nouvelle joueuse, mais bien d’une habituée des terrains inscrite sous un autre de ses prénoms pour brouiller les pistes !

Dans la poule B, c’était le rendez-vous des pointures, et on ne parle plus des chaussures de Dany : deux des finalistes de la dernière compétition, Corentin et Antoine, rencontraient les Putéoliens Charlie et Jérémy dans la plus grosse affiche de cette phase de poules. 

Le champion de France en titre et son passeur signèrent une victoire nette dans cette affrontement de haute volée, en deux sets et sans contestation possible : 21-15, 21-14. 

Derrière, Quang et son partenaire sudiste Thanh n’avaient pas les armes pour disputer les places qualificatives et attendaient leur heure en tableau de reclassement. 

La poule C sentait bon les années 2010, avec le retour d’une association Ayman-François, que l’on n’avait plus vu jouer ensemble depuis des lustres. Les vieux briscards n’eurent aucune difficulté à venir à bout de leurs adversaires moins dangereux sur le papier. 

En revanche, la lutte pour la deuxième place fut très serrée, entre deux paires représentant pas moins de 4 clubs : le Lillois Mattéo et l’Angevin Maxime, qui disputait sa deuxième compétition, étaient opposés au Marseillais Denis et au Putéolien Triet. Après avoir eu un peu de mal à trouver leurs marques dans un premier set perdu (8-21), M & M montrèrent qu’ils valaient leur pesant de cacahuètes et remportèrent les deux sets suivants (21-17, 21-16). 

Pas de miracle pour Jules et Pascal, mais les père et fils marseillais affichèrent un niveau de jeu tout à fait honorable, qui promettait de poser des problèmes aux équipes du tableau de reclassement !

Il y avait aussi un petit air d’histoire dans la poule D, puisqu’on retrouvait dans ce groupe relativement homogène plusieurs protagonistes du légendaire affrontement entre les Emplumeurs et les Paname Hall Starz à l’Interclub 2018. 

Malgré les nets progrès d’Emily et la solidité défensive de Xavier qui n’est plus à démonter, la doublette mixte sortit bredouille de cette poule. On peut toutefois saluer une belle performance contre Emmanuel et Thomas. 

La première place du groupe se joua donc entre les paires Etienne-JB et Emmanuel-Thomas. Dans un premier set remporté 21-16, la paire parisiano-angevine bouscula la hiérarchie en faisant preuve d’une meilleure maîtrise technique, notamment Emmanuel, pourtant bien moins expérimenté que les autres joueurs sur le terrain. 

Mais le calamar et le colonel avaient mis la machine en route : leurs automatismes retrouvés, Étienne et JB renversèrent la vapeur et allèrent chercher une victoire de longue haleine en s’imposant 21-14, 21-9 dans les deux sets suivants. 

Reclassement

Le tableau de reclassement était organisée d’une manière particulière (inédite ?) puisque les équipes s’affrontaient d’abord dans des poules avant de disputer des finales. 

Dans le loser bracket A, net avantage à Emily et Xavier, qui devancèrent Jules-Pascal et Ingrid-Lalie. 

Ce fut plus disputé dans le loser bracket B, notamment puisqu’un gros match en trois sets opposa Dany et PA à Quang et Thanh. Les premiers s’imposèrent finalement dans la douleur 12-21, 21-18, 21-14. 

Dany et PA durent cependant s’incliner (8-21, 13-21) contre les redoutables Denis et Triet, l’alliance marseillo-putéolienne basée sur la complémentarité entre la grinta du footballeur phocéen et la technique bien huilée de la graine de champion francilien. 

Les finales de reclassement 

Pour la 13e place, pas de contestation possible et une victoire sèche de Quang et Thanh sur Ingrid et Lalie. 

On vous avait dit que le niveau affiché par Jules et Pascal en poules se révèlerait utile en reclassement : et en effet, pour la 11e place, ils posèrent des problèmes à Dany et PA et allèrent jusqu’à chiper le premier set 21-14. Mais les Parisiens ont de la bouteille, et surent se ressaisir pour finalement l’emporter. 

La finale de reclassement pour la 9e place fut également le théâtre d’un gros match. Denis et Triet allèrent chercher un premier set irrespirable en s’imposant 25-23. Mais n’oublions pas la devise parisienne Fluctuat nec mergitur : le capitaine Xavier et sa matelote Emily laissèrent passer la tempête, réparèrent les voies d’eau dans leur jeu, et voguèrent tranquillement vers une victoire en 3 sets. 

Tableau principal

Aucune surprise à signaler dans les quarts de finale, puisque tous les vainqueurs de groupes remportèrent leur rencontre sans encombre, en deux sets. Nul doute cependant que derrière les scores sans appel se cachent des points très disputés malgré les écarts de niveau !

Intéressons-nous plutôt à la lutte pour la 5e place parmi les perdants de ces mêmes quarts de finale : 

Si Etienne et JB n’eurent pas de difficultés à écarter Mattéo et Maxime du combat (21-14, 21-7), l’autre demi-finale de la consolante pour la 5e place fut arraché au bout de la fatigue par Emmanuel et Thomas contre Huong et Yanis : 21-19, 23-21 ! Les deux attaquants n’ont fait leur retour à l’entraînement qu’en début de saison et on sentait que les ischios arrivaient à la limite de ce qu’ils pouvaient encaisser. 

Le match pour la 5e place fut remporté par Etienne et JB contre Emmanuel et un Thomas émoussé, avec beaucoup moins de difficulté que lors de leur rencontre du matin. L’affrontement pour la 7e place vit aussi Mattéo et Maxime s’imposer contre Huong et Yanis. 

En demi-finales, Alessandro et Maxence rencontrèrent leur premier obstacle d’envergure : Charlie et Jérémy étaient bien décidés à leur barrer la route de la finale. Les putéoliens en maillot jaune du Vietnam, à la construction bien huilée, faisaient principalement attaquer Jérémy. « Dai Goose, dai !», aurait crié Ciccio s’il avait été au bord du terrain, en voyant ces attaques bien piquées. Charlie se chargeait parfois de prendre le jeu à son compte en claquant un smash, sauté ou non. La recette fonctionna : 21-19 dans le premier set. 

Mais les Quesnoisiens tenaient à leur finale, et ils firent honneur au maillot bleu qu’ils avaient revêtu pour l’occasion : prenant la mesure des putéoliens en défense, Maxence profita des offrandes de son partenaire et éleva le niveau d’attaque pour enfoncer le clou : 21-13, 21-16 dans les deux sets suivants. 

Antoine et Corentin eurent bien moins de mal à se défaire d’Ayman et François et filèrent en finale. 

Dans la petite finale, malgré un bon niveau de jeu, quelques imprécisions dans la construction eurent raison des chances de victoire d’Ayman et François qui s’inclinèrent 18-21, 18-21 contre Charlie et Jérémy, qui sauvèrent l’honneur et purent prendre place sur le podium. 

La finale de Marseille fut un petit événement : avec 3 Quesnoisiens sur le terrain, l’équilibre des forces serait-il en train de basculer ?  Mais n’oublions pas qu’il restait un Putéolien dans la course : bien accompagné par Antoine qui disputait sa deuxième finale consécutive, Corentin était décidé à se venger de sa place au pied du podium aux Ponts-de-Cé. 

Ce fut serré dans le jeu, mais ils parvinrent à prendre le meilleur sur Alessandro et Maxence (21-19, 21-16).  

Dimanche 7 décembre, le simple : Coco répète l’exploit

En simple féminin, le format choisi par le COC fut de faire s’affronter les compétitrices dans une poule unique le matin afin de déterminer les têtes de série pour le tableau à élimination directe de l’après-midi. 

Dans cette poule matinale, puis dans les matchs éliminatoires, c’est la championne de France Huong qui fit preuve de son incontestable domination. La deuxième place échut à Phuong Anh, qui put démonter sa supériorité technique en simple face à Emily, dont on salue cependant les progrès (et la motivation !) dans la discipline. D’ailleurs, leur rencontre de l’après-midi fut un poil plus serrée. 

Ce fut plus compliqué pour Lalie, on peut toutefois souligner un beau set pris contre Phuong Anh au petit matin, cette dernière étant probablement encore en train de digérer le couscous royal de la veille #HygièneDeVie. 

En simple masculin, le nombre d’inscrits était relativement peu élevé puisqu’on ne comptait que 14 joueurs inscrits, Yanis et Charlie étant forfaits après la journée de double. Ils furent vite rejoints par Thomas, qui avait décidément bien trop levé la jambe la veille. 

Dans la poule A, Maxence imposa logiquement sa loi à ses rivaux, la deuxième place qualificative revenant à JB. Quang ne parvint pas à aller arracher un nouveau set au colonel (21-19 dans la 2e manche, tout de même), mais ne fit pas de faux pas face à Denis. 

Dans une poule B « de la mort » (et encore, elle aurait dû inclure Yanis avant son forfait), Corentin ne se priva pas d’infliger de véritables corrections à ses adversaires Ayman et François. Dans l’affrontement entre les deux vétérans, partenaires la veille, c’est le pharaon qui s’imposa 21-14, 21-18 et François fila en tableau de reclassement distribuer des grignardises.  

La poule C n’était pas mal non plus en termes de densité de niveau. Cependant Thomas dut déclarer forfait après son premier match, et on ne put assister à la revanche du Matteo-Thomas de la dernière compétition. C’est Jérémy qui arriva en tête au terme des débats, en évitant de laisser un set en route dans son combat contre Alessandro (21-11, 21-19), qui lui l’emporta contre Matteo dans le derby lillois. 

Enfin, dans la poule D, Etienne S. se qualifia sans trop de difficultés, même si Antoine vint le titiller dans le premier set de leur match (21-19, 21-7). La rencontre Antoine-Dany pour la deuxième place fut bien plus serrée, et c’est le Lillois qui en sortit vainqueur (21-18, 21-19). 

Passons sur les poules de reclassement qui ne furent qu’une formalité en raison des forfaits de Denis et Thomas, même s’il faut citer ce surprenant set gagné par Quang contre François. 

La 13ème place fut attribuée à Thomas contre Denis à pile ou face, puisque les deux joueurs étaient forfait. Peut-être le coup de chance qui lui manquait pour passer dans le chapeau 3 à la prochaine compétition.

Le match pour la 11ème place nous permit d’assister à un nouveau classico de l’APP entre Dany et Quang. Avantage assez net au second, qui ne fit pas de détail : 21-8, 21-14. La suite au prochain épisode ? 

Pour la 9ème place, un François plutôt malmené lors de cette journée de compétition put comme souvent profiter de son dernier match pour jouer les professeurs de plumfoot. Malgré le beau combat livré par Matteo – les exclamations entendue à l’autre bout du gymnase en témoignent – il dut s’incliner face à son aîné de vingt ans (tant en âge qu’en pratique de la plume). 

En quarts de finale, retrouvons nos qualifiés des phases de poules : Jérémy et Corentin filèrent vers les demies après avoir écrasé respectivement Antoine et JB. Étienne S parvint à signer une victoire convaincante et très attendue contre Ayman et deux sets. Enfin, les partenaires de club et de double lillois se livrèrent une lutte de gauchers acharnée, marquée par la victoire 21-18, 21-19 de Maxence sur Alessandro. 

Parmi les perdants de ce tableau principal, la 5ème place revint à Alessandro qui se défit tranquillement (21-13, 21-13) de JB, lui-même ayant écarté Antoine (21-11, 21-12). Le match pour la 7ème place entre Antoine et Ayman ne put pas avoir lieu, ce dernier ayant dû déclarer forfait après avoir été rattrapé par une douleur tenace au tendon d’Achille. Il fallait bien le tenir par quelque part pour le tremper dans le Nil, mais déjà à la naissance ses cheveux n’offraient pas suffisamment de prise…

La demi-finale entre Maxence et Etienne S fut le théâtre d’un affrontement épique. Assez mal armé en attaque, d’autant plus en simple, le Parisien avait tout misé sur la défense. Quasiment à chaque point, le nordiste devait multiplier les smashs, souvent rattrapés par Etienne qui obligeait donc le gaucher à prendre de plus en plus de risques. Une, deux, trois, jusqu’à quatre défenses de feu finissaient parfois par aboutir à un raté de Maxence. Ce dernier parvint cependant à s’imposer 21-17 dans le premier set, mais dut s’incliner 20-22 dans le deuxième. Il fallut attendre un troisième set toujours aussi serré et intense physiquement pour que les deux joueurs parviennent à se départager, avec une victoire de Maxence 21-17 !

Dans l’autre demi-finale, Corentin trouva finalement un adversaire un peu plus à sa mesure, en la personne de Jérémy. J’ai bien dit « un peu », puisque Goose ne put opposer qu’une résistance vaillante, et dut s’incliner 13-21, 16-21… Gloups.

Le président de France Plumfoot put se venger en petite finale contre Etienne S., dans un remake du match pour la 3e place de Frelinghien la saison précédente. Titi essaya bien de lui voler dans les plumes, mais Gooseminet vit clair dans le jeu du canari (pardon, du rouge et noir) et le croqua tout cru, 21-12, 21-14. Pan sur le bec !

Dans la grande finale, un Maxence sans doute un peu émoussé physiquement se trouva fort dépourvu face aux assauts de Corentin. D’une justesse technique sans faille, le putéolien ne laissa aucune place au nordiste et lui infligea l’une des nombreuses corrections qu’il distribua au cours de la journée. Dans le deuxième set dont on ne mentionnera pas le score, il fallut attendre les tous derniers points pour voir l’une des rares erreurs de Coco… son adversaire, écœuré, ne manqua pas de le remarquer à voix haute, dans un silence de cathédrale. 

Félicitations au joueur au bandana donc, qui continue à collectionner les trophées après sa victoire en simple à Angers et sa première place en double la veille. Qu’on ne croie pas que cela suffise à le rassasier : une semaine plus tard, rendez-vous à l’Open de Sicile pour se frotter aux dragons asiatiques…

Un grand merci au club de Marseille pour l’organisation, et à Laurent qui avait fait le déplacement pour gérer la compétition : étant donné le nombre limité d’inscrits, il était comme un COC en pâte. 

Et surtout, merci à la team buv… euh, à Intermarché et à Uber Eats !

JB, pour France Plumfoot

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *