
Samedi 24 janvier, le triple : Puteaux défend le titre
Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas aux aurores mais en début d’après-midi que nous avions rendez-vous au Centre Sportif des Poissonniers, dans le 18ème arrondissement de Paris.
Le club de Puteaux, organisateur de la compétition, n’avait malheureusement pas pu obtenir un gymnase pour le week-end et c’est l’association Paris Plumfoot, par l’entremise de sa présidente Phuong Anh, qui a pu aider à la tenue de la compétition en sollicitant la ville de Paris.
Nous commençons à bien connaître cette salle : aujourd’hui, contrairement à notre premier passage en 2023, l’eau courante fonctionne et le chauffage est (à peu près) en route. En revanche, le sol reste toujours aussi glissant et les lignes à moitié effacées… Mais qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse : les 4 terrains installés étaient largement suffisants pour assouvir notre soif de matchs. 36 joueuses et joueurs, répartis dans 11 équipes, allaient se disputer le titre de champion de France de triple.
Le week-end a été long, vous pardonnerez votre serviteur de ne pas trop entrer dans le détail des matchs de poule du samedi, d’autant que de nombreux affrontements furent à sens unique. Citons toutefois LA grosse affiche de ce début de compétition, entre Puteaux et Paris dans la poule A : Corentin et Triet s’étaient adjoint les services du stand-upper Adrien, et devaient rencontrer les inoxydables Ayman, Trung et Xavier, qui à eux trois réunis dépassent désormais l’âge record de Jeanne Calment. Ce choc au sommet tint toutes ses promesses, et accoucha d’une victoire en 3 sets des Putéoliens (21-18, 10-21, 18-21).
Reclassement 9-11
En bas de tableau, les prometteurs Maxence P. et Martin C. se présentaient à leur première compétition associés à l’expérimenté Chi Tai. Enfin, « première », il est possible que l’on ait déjà aperçu dans sa prime jeunesse le petit Martin sur les terrains à Dunkerque…
Bref, c’est sans trop de difficultés qu’ils remportèrent le mini-championnat de reclassement en prenant le meilleur sur les kids François et Alistair accompagnés de leur coach Mathieu. Des derniers sauvèrent l’honneur en venant à bout des débutants Adam, Arnaud et Martin F.
Tableau principal
En quarts de finale, la team de Puteaux se débarrassa d’une autre équipe parisienne : Emily, Etienne et PA, bien organisés, n’eurent cependant aucune chance face à des défenseurs de la qualité d’Adrien et Triet, qui purent tuer dans l’œuf leurs attaques et mettre sur orbite Coco pour leur voler dans les plumes (21-14, 21-17).
Les footbaggers nantais Elise et Boris, habitués à fréquenter les compétitions de plume, purent compter sur des renforts de choix dans leur équipe : Arthur et Allen, détenteurs de titres prestigieux en footbag et en sepak takraw.
Bien qu’handicapés par le passage de la balle à la plume, Arthur et Allen trouvèrent de bons automatismes et parvinrent à attaquer presque à chaque point, en dragon s’il vous plaît. Face à eux, les Parisiens JB, Thomas et Pierre (de retour à la compétition après 6 ans de pause !) finirent laborieusement par trouver la bonne position en défense pour les gêner. Sous la pression de leurs cousins, les plumeux n’arrivèrent toutefois jamais à construire proprement leur jeu et durent s’incliner 21-16, 21-17.
Échaudée par sa défaite en poule, l’équipe de vétérans de Paris était bien décidée à ne pas laisser CDP leur barrer la route du dernier carré. Dans un match qui sentait bon l’entraînement du vendredi, Ayman, Trung et Xavier dominèrent Huong, Quang et Tuan, le maire honoraire de Lognes (21-16, 21-16).
Ce fut moins serré entre les Quesnoisiens et une énième triplette parisienne. Alessandro, Antoine, Matteo et Maxence, médaillés de bronze en 2025, ne visaient rien de moins que le titre cette saison. Ils n’allaient donc pas montrer de pitié contre Dany, Frédéric et Nicolas, et s’imposèrent 21-9, 21-13.
Le gros des effectifs parisiens se retrouva donc dans le tableau intermédiaire, celui des reclassements 5-8.
Dans un affrontement qui nous rappelle un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître (Firmin en ce temps-là accrochait le filet en fin de troisième set), un Furaxico opposait Emily, Etienne et PA à JB, Pierre et Thomas. Les équipes avaient été conçues par le coach Etienne pour être les plus équilibrées possibles. Promesse tenue : dans un combat à couteaux tirés où chaque point fut âprement disputé, les premiers prirent une manche d’avance grâce à la précision de leur construction et à la régularité de leurs attaquants.
Mais l’organisation était aussi bonne en face. Libéré des peurs de blessures à l’ischio, bien alimenté en passes par Pierre et JB, Thomas laissa filer sa jambe et distribua les pralines. Les deux fins de set suivants furent irrespirables, mais tournèrent à leur avantage (18-21, 22-20, 22-20).
Dans l’autre classico (presque) parisien, les CDP ne purent trouver la solution face à Dany, Frédéric et Nicolas. Ils s’inclinèrent assez sèchement : 9-21, 18-21. Il faut dire que les vétérans sont de sacrés clients en défense, mais aussi en attaque grâce à la régularité de Dany et la puissance de Nico.
Les finales de reclassement pour les 5e et 7e place furent donc des remakes d’affrontements s’étant déjà tenus en phase de poules. Ces matchs équilibrés suivirent le même scénario que le matin : JB, Pierre et Thomas prirent le meilleur sur Dany, Frédéric et Nico (21-16, 21-18). Huong, Quang et Tuan s’imposèrent contre Emily, Etienne et Phuong Anh (21-19, 21-17)
En demi-finales, l’équipe 1 parisienne arrivait avec de grandes intentions et comptait bien rester dans la course au titre jusqu’au bout. La team Calment et son maître zen Xavier devaient pour cela éliminer une bande de jeunes nordistes survitaminés et bruyants. Ils pouvaient compter sur un Ayman des grands jours qui distribua les patates avec application : 21-17 dans le premier set. Mais au fil du match, la mécanique se grippe, les Quesnoisiens montent en puissance et enlèvent le deuxième set 21-10. Ils finissent par prendre le dessus dans un troisième set qu’Ayman ne peut malheureusement pas disputer à fond jusqu’au bout, victime d’une gêne à sa jambe forte sur un faux mouvement lors d’un smash.
L’autre demie fut logiquement moins disputée et les Putéoliens ne rencontrèrent pas de difficulté majeure pour venir à bout de leurs adversaires Allen, Arthur, Boris et Elise.
Malheureusement, le pépin physique d’Ayman ne lui permit pas de se présenter sur le terrain de la petite finale. C’est donc sans jouer ce dernier match, mais après un parcours honorable, que la team footbag prit place sur le podium !
La grande finale promettait d’être serrée. Ce n’est pas faire injure aux Putéoliens présents sur le terrain de rappeler que l’APUP ne pouvait pas aligner sa meilleure équipe sur le papier : en effet, Etienne G et Jérémy, titrés l’année précédente, avaient dû renoncer à la compétition pour cause de blessure. Les Quesnoisiens étaient bien décidés à profiter de l’opportunité pour monter sur la plus haute marche du podium, mais devaient eux-mêmes composer avec le forfait d’Alessandro, blessé au cours de la journée.
Les deux premiers sets de la finale furent chacun à sens unique : les Putéoliens remportèrent le premier 21-15, avant de s’incliner lourdement 9-21 dans le deuxième.
Tout allait donc se jouer dans un troisième set tendu, devant un public nombreux et attentif. Notons d’ailleurs que pour cette journée de triple, plusieurs anciens que l’on n’avait pour certains pas vus depuis longtemps nous firent l’honneur de leur présence : Elodie, Guiz, Tof, et bien sûr la grand patronne Trang.
Mais revenons à nos moutons : les deux équipes se rendirent coup pour coup. Les attaques fusèrent de part et d’autre, les attaquants voletèrent autour du filet, défenseurs et contreurs bondirent sur le terrain pour sauver la patrie. Si dans l’ensemble les joueurs commirent peu de fautes, les arbitres durent rester attentifs car il y avait du trafic… et pas de hawkeye, de goal line technology, ni même de ligne médiane pour détecter les pénétrations. Certains seraient d’ailleurs bien inspirés de s’essayer à l’exercice avant d’attendre des décisions au millimètre.
Au bout du suspense, Puteaux menait 20-17 : le titre leur tendait les bras. Encouragés par leur capitaine Maxence, qui leur rappela qu’il n’y avait que trois petits points pour revenir à hauteur et basculer dans l’irrationnel, Antoine et Matteo enchaînèrent de très belles séquences collectives et parvinrent à recoller 20-20, tandis que le compteur de décibels dépassa les 100… alors peut-être ?
Mais les Putéoliens ne se laissèrent pas déborder par la vague nordiste : portés tout au long du match par le calme olympien d’Adrien, la vivacité de Triet en défense et la justesse technique de Corentin en attaque, ils ne cédèrent pas à la panique et surent garder leur sang-froid en fin de match pour arracher la victoire sur le beau score de 24-22 !

Bravo à Puteaux pour cette défense du titre de champion de France de triple, conquis par une équipe 100% renouvelée. Malgré cette défaite en finale, les Quesnoisiens gagnent une place par rapport à la saison précédente. La vraie déception est à chercher du côté de Paris : après une médaille d’argent en 2025, les équipes parisiennes occupent toutes les places de 4 à 10. La densité des effectifs s’obtient-elle au prix de l’excellence ? Est-il possible d’être compétitif aujourd’hui pour un club dont la moyenne d’âge des adhérents atteint les 34 ans ?
Pas le temps d’y réfléchir le samedi soir : une fois les médaillés du jour montés sur le podium, il faisait déjà nuit noire : chacun fila de son côté pour engloutir un kebab ou une bière (pour la récupération), avant de revenir le lendemain matin à 9h pétantes.
Dimanche 25 janvier, le double mixte : la moisson continue pour Corentin et Huong
Comme la saison précédente, 10 équipes mixtes avaient fait le déplacement pour se disputer le titre.
Dans la poule A, que le hasard du tirage avait faite plus dense, les têtes de série Etienne S et Emily avaient fort à faire. Ils trouvaient sur leur route Corentin et Huong, qui avaient manqué l’édition précédente et faisaient figure de grands favoris de la compétition. Il fallait également compter sur le tenant du titre Maxence, qui avait pallié l’absence de sa partenaire Joséphine en s’attachant in extremis les services de la prometteuse Calie, jeune joueuse de Puteaux.
Corentin et Huong prirent la première place de la poule grâce à des victoires larges et sans appel contre les autres favoris. Maxence et Calie l’emportèrent contre Emily et Etienne qui défendirent chèrement leur peau en allant leur piquer un set. Dany et Emmanuelle complétèrent la liste des qualifiés.
Dans la poule B, moins relevée, les autres têtes de série JB et PA tinrent leur rang malgré des sets perdus en cours de route contre Quang-Van et contre Aline-Xavier. Ces derniers se qualifièrent dans cet ordre, accompagnés par Julie et Triet qui montrèrent également de belles choses au cours de la matinée.
Les deux équipes éliminées disputèrent un match de reclassement 9-10 qui tourna à l’avantage d’Elise et Trung, contre Matteo et Noélie. Cette dernière découvrait la plume : malgré une dernière place logique, bravo à eux pour leur persévérance et à leur bon esprit sur le terrain : on a pu voir des couples pour lesquels la cohabitation sur le court s’est moins bien passée…
En quarts de finale, pas de surprise et des victoires logiques pour les 1er et 2e de poule, à l’exception d’Emily et Etienne qui se vengèrent de leur poule difficile en infligeant une correction à Quang et Van (21-11, 21-11). Ils furent récompensés par une demi-finale contre leurs bourreaux du matin Corentin et Huong : là encore, face à des adversaires rassemblant à eux deux 3 titres de champions de France la saison précédente, il n’y avait pas grand-chose à faire… (21-10, 21-12)
L’autre demi-finale vit une victoire sans contestation possible de Calie et Maxence, même si JB et PA firent tout ce qu’ils purent pour essayer d’aller accrocher une place en finale (21-15, 21-18). Contre la qualité d’attaque et de défense de Maxence, ainsi que la justesse technique et l’attitude irréprochable de la petite Calie, même un match parfait n’aurait probablement pas suffi.
Avant de couvrir les matchs pour le podium, intéressons-nous au tableau intermédiaire 5-8.
Après leurs défaites logiques en demi-finales de consolante, Julie et Triet étaient opposés à Aline et Xavier. Saluons les efforts de ces équipes moins fortes sur le papier mais décidées à bien jouer, construisant systématiquement les points pour livrer de beaux matchs de double. C’est Aline et Xavier qui gagnèrent cette ultime rencontre au bout de 3 sets, s’emparant ainsi de la 7e place.
Le match pour la 5e place, Dany-Emmanuelle vs. Quang-Van, promettait de sentir la poudre : tendez un filet avec Dany d’un côté et Quang de l’autre, c’est l’assurance d’assister à un match à enjeu. Mais Quang et Van, assortis en maillot jaune du Vietnam, ne laissèrent aucune chance à leurs adversaires dans cette rencontre (21-16, 21-11).

Le style est là, il reste juste à trouver un peu de hauteur pour les dragons…
Retour en haut du tableau avec la petite finale. Emily et Etienne, en maillot rouge de l’APP, face à Phuong Anh et Jean-Baptiste, qui avaient revêtu la tunique bleue de l’équipe de France.
Après une entame serrée, les bleus prirent le large en milieu de premier set, à la faveur notamment d’une bonne série de services et d’une organisation bien huilée. En face, des imprécisions dans la construction donnèrent lieu à des erreurs ou obligèrent Etienne à attaquer depuis une position inconfortable, facilitant le travail de défense de JB et PA qui enlevèrent cette première manche 21-12.
Bien décidés à ne pas abdiquer, les rouges entrèrent dans le deuxième set tambour battant, et parvinrent à creuser puis tenir un écart de 4-5 points. Mais les bleus n’avaient pas dit leur dernier mot : ils voulaient à tout prix éviter un troisième set synonyme de guerre des nerfs. Reprenant du poil de la bête, ils grappillèrent petit à petit les points pour combler le trou en fin de set et l’emporter sur le fil, 22-20. Bravo à JB et PA pour cette première médaille nationale en double (il y en a déjà eu quelques-unes pour PA en simple féminin).
C’était déjà l’heure de la grande finale ! Les attaquants Corentin et Maxence étaient prêts à se tirer la bourre comme nous commençons à y être habitués, en simple comme en double. Était-ce la qualité de la défense et des passes qui ferait la différence ? Sur le papier, l’expérience de Huong semblait être un atout solide face à Calie qui disputait sa première compétition officielle, à douze ans seulement !
Pourtant, dès le premier set, Calie fit preuve d’un sang-froid impressionnant. Maxence, en bon joueur de simple dur au mal, se chargea de couvrir le terrain pour la mettre dans les meilleures conditions. Quasiment à chaque point, Calie n’eut qu’une touche à faire. Objectif : lever la plume parfaitement pour l’attaque de Maxence. Les spectateurs, connaisseurs, savaient que l’exercice est bien plus difficile qu’il n’y paraît et ne pouvaient qu’admirer l’amplitude et la précision des gestes de la jeune putéolienne, qui a été à bonne école. 21-15 dans le premier set ! Malgré l’absence de sa partenaire habituelle Joséphine, Maxence pourrait-il réussir à défendre son titre grâce à la graine de championne francilienne ?
Ce serait oublier qu’en face, il y a aussi du lourd… Corentin et Huong retirèrent les scories de leur jeu, corrigèrent leurs petits manques de précision en construction comme en défense, et se mirent à dérouler : 21-11 dans le deuxième set, tout restait encore possible.
Dans le troisième set, ce fut à nouveau serré, mais Corentin et Huong l’emportèrent 21-15 : prime à l’expérience, peut-être à la fraîcheur, puisqu’ils n’avaient pas eu autant besoin de se livrer sur les matchs précédents. Il faut aussi dire que l’actuelle meilleure joueuse française a faim de titres : pénalisée par l’absence de circuit féminin au faîte de sa carrière, elle n’a pas pu en accumuler autant qu’elle l’aurait mérité. Félicitations donc à Corentin et Huong pour ce nouveau titre, et bravo aux finalistes Maxence et Calie, cette dernière étant de très loin la plus jeune joueuse à monter sur un podium !

Les médaillés s’étaient-ils passé le mot pour tous venir avec le même maillot ? #LesAcolytes
Merci au club de Puteaux pour l’organisation de la compétition, et au club de Paris pour le soutien logistique. Bravo à la team buvette (Etienne G., Jérémy et Lilya) qui ont donné de leur temps pour nourrir les joueurs de bon xoi et de wraps protéinés à souhait.
Enfin, bien sûr, mille mercis à Caroline et Laurent du Comité d’Organisation des Compétitions, toujours au rendez-vous pour préparer le déroulement des matchs en amont et être présents sur place pour gérer la compétition en temps réel.
On vous donne rendez-vous dans le même gymnase les 28 février et 1er mars pour la dernière compétition qualificative de simple et double de la saison !