Pendant ces trois jours de folie, 17 équipes rassemblant 75 joueurs ont disputé 66 rencontres, soit environ 300 matchs. Autant vous dire que même pour votre reporter habitué des comptes rendus à rallonge, il est impossible de résumer tous ces succès à l’arraché, ces victoires solides, ces examens de niveau passés, ces rendez-vous manqué ou ces cruelles déceptions.
Au vu du niveau de jeu et de l’engagement des participants dans toutes les parties du tableau, chaque rencontre pourrait mériter son article. Mais tâchons tout de même de faire émerger quelques enseignements importants.
Équipe(s) de France : le niveau monte-t-il vraiment ?
Si l’on peut sans doute se satisfaire de la présence de 4 équipes françaises dans le top 10, ce qui paraît être une grande avancée par rapport à l’édition précédente, cette progression apparente ne résiste pas forcément à une comparaison plus attentive : en effet, 4 équipes vietnamiennes étaient présentes en 2025 et ont survolé la compétition. Sans elles, les résultats des équipes françaises seraient les suivants :
Classement 2025 : 3, 6, 8, 10
Classement 2026 : 5, 7, 8, 10
Ces bons résultats sont donc peut-être en trompe-l’œil. Mais concrètement, que peut-on dire de ce que l’on a vu sur le terrain ?
Du très bon, avec un Corentin dont la progression en simple semble ne jamais devoir s’arrêter, capable d’aller gratter un set contre Christopher Zentarra, meilleur soliste allemand et l’un des tous meilleurs joueurs européens. Des prestations collectives très intéressantes en double et en triple, notamment contre Haspe en quarts (une victoire, un match en 3 sets) ou Hong Kong 2 en poules…
Mais aussi une équipe nationale challengée par Ehpadinho, sorte d’équipe de France « vétérans » pour ne pas dire « ancêtres », menée par les sélectionneurs eux-mêmes ! Et des matchs parfois difficiles notamment pour l’équipe 2, contre une équipe mixte de Ujszasz avec un effectif de qualité (Lilla Farkas, Balasz Farkas, Peter Sipos, Dorka Szaszko) qui jouait sa chance crânement… et avec un peu plus d’application et de sérieux que lors d’autres éditions.
Bref, l’idée n’est pas de mettre en doute les capacités et la progression de nos Bleus, car les signes encourageants se multiplient. Il n’y a pas de fumée sans feu (sauf pour Maxence 😉 ) : sur leurs temps forts, les Français peuvent rivaliser ou au moins opposer une véritable résistance aux meilleurs européens et mondiaux. Il n’y a plus qu’à continuer de travailler, garder la tête froide, se faire confiance, écouter les coachs et rester concentrés : rien que ça, et le temps de la confirmation arrivera un jour… que l’on espère le plus proche possible !
Derrière les porte-drapeaux, des progrès et de la densité
Il y avait moins d’équipes françaises que d’habitude lors de cet Open, mais une bonne densité dans la partie inférieure du tableau. Les Dep Trai United signèrent de belles performances, rivalisant dans le jeu notamment dans les épreuves d’équipe, malgré une ultime défaite en finale de reclassement contre la Finlande. Il faut dire qu’avoir Binh en leader technique, c’est un peu le joker pour faire monter le niveau de tout le monde et gagner quelques simples importants…
Les CDP, qui avaient associé à leurs travaux le plus célèbre danseur-ludiste-improvisateur-influenceur kebabophile togolais du circuit, firent preuve de leur solidité habituelle dans la construction et finirent à un cheveu du top 10.
Surtout, les PaMMM (PA, Manu, Martin, Maxence P.) vinrent valider les progrès accomplis cette saison en survolant le championnat de reclassement 13-17, remportant toutes leurs rencontres haut la main et signant de superbes performances collectives dans des matchs parfois tendus. Bravo à eux !
Sans oublier la Lalie Team, qui mine de rien montra une belle persévérance en allant chercher des gros matchs contre les Som Tam et une victoire finale dans la rencontre contre l’Italie.
Enfin, comment ne pas évoquer notre doyen Roger, venu exprès pour jouer un match au sommet contre Martin, son grand rival allemand de quelques années son cadet ? Surmotivé par l’enjeu, très combatif dans le premier set, Roger a malheureusement dû s’incliner (20-22, 7-21). Ce qui ne l’a pas empêché de passer le reste de la journée à jouer sur les terrains libres avec son fils… Roger, on espère tous avoir la même énergie que toi à 73 ans !

Les Hongkongais restent au sommet, l’Allemagne déçue
C’est bien beau de parler des Français, mais qu’en est-il du podium de cette édition ?
Si les Vietnamiens dominent sans partage l’Open de France lorsqu’ils daignent s’y rendre, chacune de leurs absences est une occasion pour les Hongkongais de monter sur la première (et souvent, la deuxième ou troisième) marche, rappelant aux nations européennes qu’elles ont encore du chemin à faire.
Malgré une magnifique victoire de Christopher Zentarra contre Felix Fung en simple, l’équipe du FFC Hagen a dû avouer son impuissance en finale, s’inclinant en 2 sets dans tous les autres matchs. Cette nouvelle composition d’équipe incluant des joueurs comme Noah Wilke ou Sem Kostrewa, moins souvent vus en France, avait pourtant des arguments à faire valoir. Les Noir et Blanc se sont notamment imposés avec autorité contre le FF Haspe en demi-finale, ne laissant filer que le triple à leurs rivaux, qui avaient renforcé leur équipe grâce à l’arrivée au dernier mercato du passeur légendaire Sven Walter.
Malheureusement pour les Orange, ils ne parvinrent pas à inquiéter Hong Kong 2 en petite finale et terminèrent au pied du podium.

L’Open de France, enfin la teuf ?
L’Open de France est une compétition prestigieuse et intéressante à jouer pour tout le monde. Mais pour valoir le déplacement de certains de nos amis internationaux, une petite faiblesse était régulièrement pointée : face aux soirées inoubliables des Open d’Allemagne ou de Hongrie, la cafétéria du CREPS et les chaises de camping en bas du bâtiment des Cèdres faisaient pâle figure.
Cela n’a pas toujours été le cas. Votre reporter se souvient avoir assisté dans des temps anciens pré-pandémie à quelques nuits mémorables, notamment la soirée de l’Open 2018 à Eaubonne (voir le coach Hongkongais chanter « Jean-Michel Aulas, on va tout casser chez toi », ça n’a pas de prix) ou encore la fameuse fiesta à l’auberge du Roudelet lors de l’Open 2019 à Marseille.
Sauf que nos organisateurs brûlent déjà la chandelle par les deux bouts pour prendre en charge l’aspect sportif et hébergement de la compétition, qui restent les priorités. Mais cette année, à force d’entendre les suggestions, un petit effort supplémentaire a permis d’organiser un dîner convivial au restaurant « Les Machines », qui nous a très bien accueillis en gérant la prise des commandes de près de 70 personnes dans des langues différentes ! Et surtout, une initiative spontanée – encouragée par les plus motivés à trinquer – a permis de se réunir dans un bar à bières le dimanche soir. L’ensemble des délégations ayant participé à l’Open étaient représentées, les Français se sont même retrouvés en minorité. Au programme : des discussions tactiques sur les matchs du week-end ou d’il y a 15 ans, des échanges culturels, des jeux de cartes hongkongais…

Tout ça, c’est grâce à qui ?
L’Open au CREPS, c’est avant tout l’œuvre d’un homme, le grand Xavier, littéralement au four et au moulin puisqu’entre l’accueil des équipes, le transport du matériel et les relations avec le CREPS il trouve le moyen de fournir la quasi-intégralité des provisions de la buvette…
Mais ce sont aussi Etienne S., Jérémy et JB, investis depuis plusieurs mois pour participer à l’organisation et assurer la réussite de cet événement. Et puis tous les bénévoles et joueurs qui donnent un coup de main sur place, en particulier Laurent à la table de marque sans qui rien ne serait possible, les Lillois restés gérer le départ des étrangers le lundi matin, et d’une manière générale tous ceux qui ont proposé leur aide spontanément ou ont mis la main à la pâte sans rechigner lorsqu’ils ont été sollicités.
Bien sûr, il faut aussi remercier la FFBaD pour son soutien et sa présence lors de l’événement, ainsi que le CREPS pour la confiance qu’il nous accorde.
Bref, vous l’aurez compris, si l’Open de France est aussi beau, c’est grâce l’engagement très important d’une poignée d’organisateurs bénévoles et à l’aide de toute la communauté. Pourtant, même les meilleures volontés peuvent commencer à s’essouffler. Alors pour que l’Open continue encore longtemps à nous apporter autant de bonheur, on compte vraiment sur tous les lecteurs de cet article pour réfléchir à la pierre qu’ils pourraient apporter à l’édifice la saison prochaine !